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Medusa, ERPNext et Metabase : trois outils open source pour gérer une TPE

Trois projets open source pour la boutique, la gestion et les rapports : ce que fait chacun, un premier petit projet, ce qu’il faut pour l’exploiter, ce que permet la licence.

Medusa, ERPNext et Metabase couvrent trois parties différentes de la gestion d’une entreprise : vendre en ligne, tenir commandes, stock et comptabilité dans un seul système, et voir ce que disent les chiffres. Cet article s’adresse au dirigeant d’une petite structure qui entend ces noms et veut savoir ce qu’est chaque outil, par quel projet commencer et ce qu’il faut pour le faire tourner. Tout ce qui est affirmé sur ces outils vient de leur README, de leur documentation et de leurs fichiers de licence, tels qu’ils étaient le 4 octobre 2026.

Ce que couvre ce guide

  • Ce qu’est chaque outil d’après son propre README et sa documentation
  • Un premier petit projet pour chacun : boutique sur mesure, lots de production, tableau de bord en cinq questions
  • Ce qu’il faut avant de commencer : développeurs, processus décrits, données propres
  • Ce que permettent les licences MIT, GPL et AGPL, et où commencent les conditions commerciales
  • Un tableau comparatif : outil, usage, prérequis, licence
  • Trois questions avant d’installer, et les cas où un tableur suffit

Trois outils, trois métiers différents

Ces trois projets sont souvent cités ensemble, mais ils font des travaux différents et aucun ne remplace l’autre. Medusa est un back-end de commerce pour une boutique en ligne. ERPNext est un ERP : un seul système pour les commandes, le stock, la fabrication et la comptabilité. Metabase est un outil de reporting qui transforme les données d’une base en graphiques et en tableaux de bord.

Medusa comptait environ 37 000 étoiles sur GitHub le 4 octobre 2026, ERPNext environ 40 000 et Metabase environ 50 000. Les étoiles montrent l’intérêt des développeurs. Elles ne disent pas si un outil convient à votre entreprise.

OutilÀ quoi il sertCe qu’il fautLicence
MedusaBack-end d’une boutique en ligne avec sa propre vitrine et son propre parcours d’achatDes développeurs, Node.js, PostgreSQL, une vitrine, des intégrations de paiement et de livraisonMIT pour le cœur ; éléments Enterprise (RBAC, SSO) sous accord commercial
ERPNextCommandes, achats, stock, fabrication, comptabilité et projets dans un seul systèmeDes processus décrits, des données de base propres, un hébergement, du temps pour paramétrer et testerGNU General Public License, version 3
MetabaseQuestions, graphiques et tableaux de bord sur des données déjà présentes dans une baseUne base prise en charge avec des données justes, Docker ou Java, quelqu’un qui connaît les tablesAGPL ; Metabase Commercial License pour le répertoire enterprise

Medusa : un back-end de commerce, pas une boutique terminée

Medusa est une plateforme de commerce dotée d’un framework de personnalisation. Sa documentation liste des modules pour les produits, le panier, les commandes, les paiements, les prix, les promotions, l’inventaire, les emplacements de stock, l’expédition et les taxes, tous exposés par des API REST. Une application Medusa, c’est un serveur Node.js et une interface d’administration. La vitrine est une application distincte que vous construisez et hébergez vous-même, de zéro ou à partir du modèle Next.js du projet.

Un premier projet raisonnable : une boutique dont le parcours d’achat n’entre pas dans un modèle standard. Exemple : une boutique de coffrets cadeaux où le client compose son coffret de cinq articles et ajoute une carte. Catalogue, panier, prix et commandes viennent des modules de Medusa. Le configurateur de coffret est la partie qu’écrivent vos développeurs.

Il vous faut des développeurs. Le guide d’installation demande Node.js, Git et une base PostgreSQL en service, la seule que Medusa prenne en charge. Paiement et livraison passent par des modules fournisseurs ; la documentation cite Stripe et ShipStation en exemple, et un service sans intégration prête demande un module sur mesure. Quelqu’un doit brancher, tester et maintenir l’ensemble, puis héberger le serveur et la vitrine. Le projet propose aussi un hébergement géré, Medusa Cloud.

La limite : après l’installation, vous avez une API et une interface d’administration, pas une boutique où l’on peut acheter. Si un créateur de boutique standard couvre déjà votre parcours, Medusa ajoute du travail sans ajouter de valeur.

ERPNext : commandes, stock, fabrication et comptabilité dans un seul système

ERPNext est un ERP open source. Son README énumère la comptabilité, la gestion des commandes (niveaux de stock, commandes clients, clients, fournisseurs, expéditions), la fabrication (consommation de matières, planification de capacité, sous-traitance), la gestion des immobilisations et les projets avec tâches, feuilles de temps et rentabilité. La documentation ajoute un module Achats : fiches fournisseurs, bons de commande et factures d’achat.

Un premier projet doit couvrir un processus de bout en bout. Exemple : une petite savonnerie artisanale enregistre huiles, soude, parfums, étiquettes et cartons comme articles de stock et rédige une nomenclature (Bill of Materials) pour une gamme de savons. Chaque fabrication devient un ordre de fabrication (Work Order) qui reprend la liste des matières de cette nomenclature. La fonction Batch attribue aux savons finis un numéro de lot, qui peut porter une date de péremption. Le but : voir au même endroit ce que chaque fabrication a consommé et ce qu’il reste en stock.

L’essentiel de ce qu’il faut n’est pas du logiciel. Le guide de paramétrage commence par la société, l’exercice, le plan comptable, les entrepôts, les articles, les clients, les fournisseurs, les utilisateurs et les soldes d’ouverture. Il demande des données historiques propres et un cycle complet de test vente, achat, stock et comptabilité avant le démarrage. Pour l’hébergement, le README renvoie à Frappe Cloud ou à une installation Docker sur votre serveur, et précise que sa commande Docker rapide est une démo jetable.

Un ERP est le plus difficile des trois à adopter, parce qu’il enregistre votre façon de travailler. Décidez d’abord le processus sur papier. La documentation est directe : une nomenclature validée ne se modifie plus, elle s’annule et se remplace, et changer la devise, la structure des comptes ou les règles de stock une fois les écritures passées peut tout perturber. Commencez par un seul périmètre, ajoutez les modules par étapes et vérifiez avec votre expert-comptable qu’il couvre vos obligations fiscales.

Metabase : des questions et des tableaux de bord sur vos propres données

Metabase est un outil d’informatique décisionnelle. D’après son README, chacun peut interroger les données sans connaître SQL, utiliser un éditeur SQL pour les requêtes plus difficiles et construire des tableaux de bord interactifs avec filtres. Un générateur graphique assemble la requête étape par étape. Les alertes envoient le résultat d’une question par e-mail, Slack ou webhook, par exemple quand une requête habituellement vide renvoie des lignes.

Un bon premier projet : un tableau de bord qui répond à cinq questions. Exemple : d’où viennent les demandes, combien deviennent des commandes, quels produits sont rachetés, quelles commandes attendent depuis plus de trois jours et comment ce mois se compare au précédent. Ajoutez une alerte sur les commandes en attente. Cinq questions décidées ensemble servent plus que cinquante graphiques que personne n’ouvre.

Il vous faut une base de données que Metabase sait lire. La liste des bases officiellement prises en charge comprend PostgreSQL, MySQL, MariaDB, SQL Server, SQLite, BigQuery et MongoDB. Metabase lui-même tourne dans un conteneur Docker ou comme fichier JAR Java. Sa base H2 intégrée sert aux essais en local ; en production, la documentation recommande PostgreSQL pour les données propres à Metabase. Une offre hébergée existe, Metabase Cloud. Il faut aussi une personne qui sait ce que signifie chaque table et chaque colonne.

Un tableau de bord n’est juste que si les données dessous le sont. Si les commandes sont saisies en retard, si les statuts sont du texte libre ou si le même client existe trois fois, le graphique paraît précis et il est faux. Corrigez d’abord la saisie.

Ce que permettent les licences, en mots simples

L’open source n’est pas un seul jeu de règles. Chaque dépôt a son fichier de licence, et deux des trois associent une licence ouverte à des conditions commerciales. Ce qui suit résume ce que disent les fichiers. Ce n’est pas un conseil juridique : lisez la licence avant tout usage commercial et consultez un avocat si vous comptez modifier ou revendre le logiciel.

  • Medusa : le fichier LICENSE place le dépôt sous licence MIT, à l’exception des éléments de l’Enterprise Edition. MIT permet d’utiliser, copier, modifier, distribuer et vendre des copies sans frais, à condition de conserver l’avis de copyright et l’avis d’autorisation dans les copies ; le logiciel est fourni en l’état. Les éléments Enterprise, identifiés dans ENTERPRISE-LICENSE.md comme le contrôle d’accès par rôles et l’authentification unique, exigent un accord commercial distinct avec MedusaJS, Inc.
  • ERPNext : license.txt est la GNU General Public License, version 3. Elle affirme le droit d’exécuter le programme non modifié et permet de le modifier. Si vous transmettez une version modifiée à des tiers, l’œuvre entière doit être placée sous la même licence et signaler vos modifications. Le programme est fourni en l’état. Une politique de marque distincte encadre l’usage du nom et du logo ERPNext dans un nom de produit, de service, de société ou de domaine.
  • Metabase : LICENSE.txt indique que le code situé hors du répertoire enterprise de premier niveau est sous AGPL (le dépôt contient la version 3) et que le code à l’intérieur est sous Metabase Commercial License, qui suppose une licence valide de Metabase. Selon l’AGPL, si vous modifiez le programme et que des personnes utilisent votre version à travers un réseau, vous devez leur proposer son code source. L’image Docker standard est sous AGPL ; l’image enterprise est commerciale.

Avant d’installer quoi que ce soit : trois questions

Installer est la partie facile. Répondez d’abord par écrit à ces trois questions. Si vous n’y arrivez pas, l’outil n’y répondra pas à votre place.

  • Quel processus fait mal, précisément ? Écrivez-le étape par étape avec un nom sur chacune : qui prend la commande, qui vérifie le stock, qui émet la facture. Un outil peut suivre un processus. Il ne peut pas l’inventer.
  • Où sont les données aujourd’hui, et sont-elles justes ? Listez les fichiers, les applications et les cahiers. Contrôlez dix enregistrements à la main : doublons, prix manquants, inventaires périmés. Des données fausses déplacées dans un nouveau système restent fausses.
  • Qui s’occupe du système après le démarrage ? Nommez la personne qui ajoute les utilisateurs, installe les mises à jour, fait les sauvegardes et répond aux questions. S’il n’y a personne, choisissez une offre hébergée ou attendez.

Quand un tableur reste le bon outil

Un tableur est le bon outil tant qu’une ou deux personnes le modifient, qu’il compte quelques centaines de lignes et que le processus change encore chaque mois. C’est aussi la façon la moins chère de concevoir un processus : les colonnes que vous ajoutez et retirez montrent ce qu’un futur système devra stocker.

Signes que vous l’avez dépassé : plusieurs personnes écrasent leurs modifications, le même chiffre a trois valeurs dans trois fichiers, le stock se compte de mémoire ou le rapport mensuel prend une journée. Choisissez alors selon le problème que vous avez. Metabase, quand les données sont déjà dans une base et que les réponses tardent. ERPNext, quand ce sont les enregistrements eux-mêmes qui sont dispersés. Medusa, quand la boutique qu’il vous faut ne sort pas d’un modèle.

En bref

Medusa, ERPNext et Metabase règlent des problèmes différents : une boutique sur mesure, un système unique d’enregistrement et des réponses tirées des données. Aucun n’est un raccourci. Décidez le processus, nettoyez les données et nommez un responsable d’abord. Commencez par un petit projet et lisez chaque fichier de licence avant de bâtir une activité sur l’outil.

Questions

Medusa, ERPNext et Metabase sont-ils gratuits ?

Le code placé sous licence ouverte se télécharge et s’exécute sans redevance de licence. L’hébergement, le paramétrage, les intégrations et le temps des personnes qui maintiennent le système coûtent tout de même de l’argent. Chaque projet propose aussi son service hébergé (Medusa Cloud, Frappe Cloud, Metabase Cloud), et Medusa comme Metabase réservent certaines fonctions à des conditions commerciales.

Ai-je besoin d’un développeur ?

Pour Medusa, oui : la vitrine et les intégrations de paiement et de livraison sont du développement. ERPNext et Metabase publient des instructions Docker et des offres hébergées, donc un premier essai ne demande pas d’écrire du code. ERPNext demande quand même quelqu’un qui comprend votre comptabilité et votre stock, et Metabase quelqu’un qui comprend votre base de données.

Metabase peut-il produire des rapports sur les données de Medusa ou d’ERPNext ?

La liste des bases officiellement prises en charge par Metabase comprend PostgreSQL, qu’utilise Medusa, et MariaDB, que le README d’ERPNext cite comme dépendance de son script d’installation. Brancher ou non un outil de reporting sur la base d’un système en production, et avec quel utilisateur en lecture seule, relève de la personne qui maintient ce système.

Sources

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